mardi 11 septembre 2007

Mais c'est corrigé !

Maman, j'ai vu des chevals !
D'un point de vue extérieur, laisser intactes les erreurs d'accords et de modifications lexicales portant sur les mots se terminant pas -al peut sembler excessivement laxiste, digne du plus force-né des modernistes ou d'un dédain pubert pour la correction graphique.

Or, à bien y réfléchir, il ne s'agit de rien de tout cela.

Libérons l'orthographe
assène un coup de pied dans l'arrière-train de la grammaire française. Et il y avait longtemps que je n'avais eu lecture aussi saine sur ce sujet.

Bonjour monsieur Boisvert. J'ai besoin d'un chol pour demain soir. Ils sont comment, vos chous ?
Il n'y a pas d'erreur. Ces mots sont parfaitement français. Certes, aussi peu contemporains qu'il est possible de l'être. Mais français.
Pour comprendre le lien entre le chol et les chevals, il faut savoir une chose à propos du pluriel en -x. Ce n'en est pas un. Le X est une abréviation phonétique. Un phonégramme. Là où apparait un X, il faut se souvenir de prononcer /ouss/. Ainsi chevax se prononce /che.va.ouss/. Puisque X est une sorte d'abréviation, il existe une forme non abrégée. Cette forme est chevaus. Celle-ci provient d'une transformation du l en u au contact du -s légitime du pluriel. C'est chevals qui donne chevaus, noté chevax, jusqu'à un temps où l'on oubliera que le X est une commodité d'écriture et où l'on rétablira un u qui n'avait jamais vraiment disparu. Chol connaitra le même sort.

Aujourd'hui le voisinage du l et du -s ne pose plus problème. Chevals est aisément prononçable. Chol s'est fait oublié. Il a laissé sa place à chou. Comme fol refait en fou. Ce qui va en dépit du bon sens est d'avoir d'un côté fouS et de l'autre chouX.

Par conséquent éliminer la finale en -x n'est pas autre chose qu'un peu de ménage parmi des bêtises très anciennes. Et ne plus “corriger” chevals ou chous, n'est rien moins que laisser les formes correctes.

Qu'attendons-nous pour réformer notre langue ? Personne ne sait plus vraiment...

Les dictionnaires entérinent l'usage. L'Académie a bien longtemps perdu sont rôle prescripteur et ne fait plus office que de frein à l'inéluctable et ininterrompue mue de la langue. Efficace ou non, c'est selon l'avis de chacun.

Or l'usage c'est nous. C'est vous. C'est moi. Autant user avec discernement de cet usage.

Mais grâce à Maryz COURBERAND ma lanterne brille, et dans la bonne direction *^_^*

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